Avec plus de 13 000 affaires de cybercriminalité recensées par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), l’Algérie fait face à une montée brutale des fraudes et attaques en ligne, au point d’évoquer une « alerte rouge » numérique.
Derrière ce chiffre, il faut voir une double réalité : la numérisation accélérée des services et des usages, et la capacité des cybercriminels à s’adapter vite aux habitudes des citoyens, des entreprises et des administrations. L’attaque n’est plus un scénario exceptionnel : elle devient un risque quotidien, alimenté par la généralisation du smartphone, des paiements et démarches à distance, et par la circulation massive de données personnelles sur des canaux parfois insuffisamment protégés.
Les formes les plus fréquentes reposent souvent sur l’ingénierie sociale plutôt que sur la pure prouesse technique. Phishing, usurpation d’identité, faux sites, messages imitant banques ou opérateurs, promesses d’emplois ou de gains rapides : la manipulation vise à pousser la victime à livrer ses codes, à valider un transfert ou à installer une application piégée.
Les entreprises, elles, sont exposées aux ransomwares, au sabotage de systèmes d’information ou au vol de données, avec des impacts directs : arrêt d’activité, pertes financières, atteinte à la réputation. Dans ce contexte, chaque faille humaine — mot de passe réutilisé, clic précipité, partage d’informations — devient une porte d’entrée. Au total, près de 8000 personnes seraient impliquées dans les attaques recensées…