Le 17 avril 2026, le Trésor national sud-africain a publié, au Journal officiel, un projet de « Capital Flow Management Regulations, 2026 » destiné à remplacer les Exchange Control Regulations du 1er décembre 1961, un cadre historique de gestion des flux de capitaux transfrontaliers. La date limite de contribution publique est fixée au 18 mai 2026.
Selon le Trésor et la South African Reserve Bank (SARB), l’objectif est de moderniser un dispositif conçu à l’origine pour limiter la fuite des capitaux, en basculant vers une logique plus « risk-based » : moins d’autorisations préalables transaction par transaction, davantage d’obligations de rapport, de surveillance des opérations transfrontalières à fort impact et de lutte contre les flux financiers illicites.
Le point le plus sensible concerne l’intégration explicite des cryptoactifs au périmètre du contrôle des changes. Le projet vise à combler des écarts dans les règles actuelles sur les transactions crypto transfrontalières et à « compléter » les dispositifs déjà en place.
Dans l’écosystème, des plateformes majeures comme VALR et Luno estiment que la rédaction actuelle crée de l’incertitude opérationnelle, notamment autour de notions comme un « determined threshold » (seuil déclenchant des contrôles renforcés) non chiffré dans le texte, rendant difficile la mise en conformité et la planification.
Plusieurs acteurs redoutent aussi des effets de bord sur l’innovation locale : des opérations entre résidents, réalisées sur des plateformes sud-africaines, pourraient être traitées comme des « exportations de capital » selon l’interprétation de certaines dispositions. Des critiques portent également sur des pouvoirs élargis d’exécution (recherche et saisie), des exigences déclaratives sur l’origine et le mode d’acquisition des actifs numériques, ainsi que sur un régime de sanctions jugé dissuasif.