La troisième édition de « Diversity Dividend: Exploring Gender Equality in the African Tech Ecosystem », publiée par Disrupt Africa avec des partenaires comme Madica et Jumpstarter Crowdfunding, dresse un constat nuancé : la présence des femmes dans l’écosystème startup africain progresse, mais la traduction en capital levé demeure limitée.
Ce rapport, construit à partir de données quantitatives et de retours qualitatifs de fondatrices et d’investisseurs, souligne que les avancées observées sur deux ans restent modestes et loin de la parité, en particulier sur l’accès aux tours de financement.
Les chiffres relayés par Goodwell Investments, partenaire du rapport 2024, illustrent l’ampleur de l’écart : en 2024, 17,3 % des startups tech africaines comptent au moins une cofondatrice, mais seules 11,9 % des sommes levées vont à des équipes avec au moins une femme cofondatrice, et 4,6 % seulement à des startups « female-led ». Autrement dit, une partie de la progression en représentation ne se convertit pas en financement. Disrupt Africa note aussi qu’après un rebond en 2023, la part de financement des startups dirigées par des femmes a été volatile, confirmant la fragilité des gains et la dépendance à quelques opérations emblématiques plutôt qu’à un flux régulier de deals.
Du côté des solutions, plusieurs acteurs promeuvent une approche « par genre » dans la sélection et le suivi des participations. Goodwell indique avoir intégré des critères d’inclusion dans sa due diligence et sa stratégie, notamment via uMunthu II, un fonds de 150 millions d’euros. Par ailleurs, le programme britannique Growth Gateway (guide publié par le Foreign, Commonwealth & Development Office et le Department for Business and Trade) met en avant des stratégies d’investissement inclusif ciblant des secteurs à forte croissance (fintech, healthtech, retailtech, edtech) et estime le déficit de financement des entreprises fondées ou orientées vers les femmes à 2,3 milliards d’euros (conversion depuis 2,5 milliards de dollars).
L’enjeu est désormais de faire converger objectifs de diversité et allocation effective du capital, afin que la hausse du nombre de dirigeantes se reflète dans les montants levés.