Après Twitter, Jack Dorsey va-t-il conquérir l’Afrique des cryptomonnaies ?

« Le Nigeria et le bitcoin font bon ménage. » C’est, en substance, le message qu’avait tweeté Jack Dorsey en juin dernier, à coups d’emojis, alors que le pays africain commémorait son Democracy Day sur fond de manifestations, après que le gouvernement de Muhammadu Buhari a bloqué le réseau social de l’homme d’affaires américain dans son pays. Quelques semaines plus tôt, en avril, ce dernier avait annoncé l’ouverture d’un siège africain de Twitter, à Accra, au Ghana. Deux événements récents qui illustrent bien la relation, certes complexe mais aussi passionnée, qu’entretient Jack Dorsey avec le continent africain (que nous n’avons pas manqué de conter ici).

Mais depuis quelques jours, le fondateur de Twitter fait la Une de la presse pour toute autre chose : il a démissionné de son poste de PDG du réseau social. Cette nouvelle n’aura échappé à presque personne.

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Toutefois, quelques jours plus tard, le 1er décembre, l’homme d’affaires a fait une autre annonce, qui, elle, est passée plus inaperçue : son autre entreprise, la startup fintech Square, qui possède la solution de paiement mobile CashApp, celle de paiement en différé AfterPay, la plateforme de e-commerce Weebly et est en passe de racheter Tidal, le service de streaming musical du rappeur américain Jay-Z, change de nom pour Block. A l’image de Meta pour Facebook ou d’Alphabet pour Google, cette nouvelle identité sera utilisée pour désigner la société dont tous ces services seront désormais des filiales.

Avec Block, l’Afrique et ses crypto pourraient bien se rappeler au bon souvenir de Jack Dorsey

Bien sûr, ce nouveau nom est une référence non dissimulée aux technologies blockchain, autour desquelles Jack Dorsey veut articuler toutes ses solutions – preuve en est, l’équipe de @TBD54566975, une autre émanation de Square, également connue sous le nom de TBD, a publié le 19 novembre un livre blanc détaillant les caractéristiques d’un nouveau protocole crypto, tbDEX. D’ailleurs, le désormais ex-Square a également annoncé un autre changement de nom : celui de Square Crypto, qui devient Spiral.

Et c’est là que l’Afrique pourrait se rappeler au souvenir de Jack Dorsey. En effet, le continent est l’un des marchés les plus dynamiques pour les cryptomonnaies : entre juin 2020 et juin 2021, l’équivalent de pas moins de 105,6 milliards de dollars (93,7 milliards d’euros) ont été échangés en cryptomonnaies sur le continent, soit une croissance de 1 200% en un an. Phénoménal.

De plus, le Nigeria enregistre des transactions record de cryptomonnaies, malgré leur interdiction par la Banque centrale du pays (NCB) et sa contre-attaque avec le e-naira, et d’autres pays africains, comme l’Afrique du Sud, le Kenya et le Ghana, peuvent aussi se targuer de très bons chiffres dans le domaine.

Les Nigérians seraient ceux qui ont le plus utilisé ou possédé de cryptomonnaies en 2021, selon l’étude Statista Global Consumer Survey. (Crédit : Statista)

L’implantation de plus en plus forte sur le continent africain du chinois Binance, de l’américain Paxful ou du britannique Luno, ou même les ambitions panafricaines d’un Nestcoin dans la finance décentralisée (DeFi) ou d’un Cardano dans les projets blockchain, on est en droit de se demander si, après avoir été chassé par la grande porte avec Twitter, Jack Dorsey ne pourrait revenir au Nigeria par la fenêtre avec Block. L’homme d’affaires, qui, déjà en février dernier, avec son ami Jay-Z, avait lancé ₿trust, une sorte de fondation pour développer les cryptomonnaies en Afrique et en Inde, semble avoir les clés (cryptographiques) pour conquérir le marché africain.

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