Le Ghana a mis fin, fin avril, à des discussions avec les États-Unis autour d’un paquet d’assistance d’environ 109 millions de dollars (92 millions d’euros) sur cinq ans, après avoir contesté des clauses jugées incompatibles avec la protection des données et le contrôle national des infrastructures numériques.
Selon plusieurs récits concordants, les négociations avaient démarré en novembre 2025, autour d’un mémorandum présenté au ministère ghanéen de la Santé par la représentation américaine, avec des délais de signature considérés comme très contraints par Accra. Le gouvernement ghanéen a finalement communiqué qu’il ne pouvait accepter les termes proposés, au nom d’enjeux de souveraineté et de sécurité liés aux systèmes d’information de santé.
Au cœur du désaccord figurait une disposition de partage de données : des responsables ghanéens ont affirmé que le texte prévoyait la transmission de données de santé sur une durée bien plus longue que celle du programme, et donnait une large latitude d’usage à la partie américaine, y compris la possibilité d’accès par des tiers.
D’autres points ont alimenté la défiance, notamment des exigences techniques portant sur l’hébergement et la juridiction applicables aux composants numériques (dossiers médicaux électroniques, plateformes de surveillance épidémiologique, systèmes d’information de laboratoire). Accra a fait valoir la nécessité de respecter le cadre national, dont la Data Protection Act de 2012 (Act 843) et la Cybersecurity Act de 2020 (Act 1038), ainsi que des principes de gouvernance des données considérées comme sensibles pour la sécurité nationale.
Ce retrait s’inscrit dans un contexte plus large de renégociation de partenariats sanitaires en Afrique dans le cadre de la stratégie américaine « America First Global Health Strategy », et intervient alors que d’autres pays du continent ont également contesté des accords similaires pour des raisons de confidentialité. D’après Reuters, Washington avait fixé au 24 avril 2026 la date butoir pour conclure les discussions avec Accra.