Covid-19 : l’Afrique du Sud veut tracker sa population

par kpoireault

Alors que l’Afrique du Sud compte 2415 cas de Covid-19 au moment d’écrire ces lignes, selon le site de Covid19-Africa, le pays est en première ligne pour lutter contre la propagation du virus. Parfois jusqu’à inquiéter sa propre population. Comme beaucoup d’autres pays à travers le monde, le gouvernement sud-africain va lancer un dispositif de contact tracking afin d’identifier, une fois le déconfinement commencé, les individus infectés par le virus et de prévenir les personnes avec qui elles ont été en contact.

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Pour ce faire, Stella Ndabeni-Abrahams, ministre des Communications et des Technologies numériques, a annoncé, dans un amendement du Disaster Management Act communiqué le 26 mars que les opérateurs seront autorisés à géolocaliser toute personne testée – positive ou négative – au Covid-19 afin d’entrer celles qui ont été infectées dans une base de données. Une approche intermédiaire entre les pays qui laisseront à leurs citoyens le choix de se signifier comme positifs au Covid-19 et ceux dans lesquels l’Etat lui-même impose et opère ce tracking, selon Livia Dyer, du cabinet juridique Bowmans. Les données seront anonymisées et l’outil ne sera “en rien un dispositif d’espionnage”, assure la ministre. Pourtant le flou sur cette anonymisation ainsi que sur les personnes habilitées à gérer cette base de données inquiètent nombre de Sud-Africains. Et surtout, une question se pose, en Afrique du Sud comme partout ailleurs : le contact tracking sera-t-il au moins efficace ? Rien n’est moins sûr.

Des initiatives numériques sud-africaines plus vertueuses (et plus efficaces)

Dans le même temps, l’université du Cap travaille, elle sur un projet dont les objectifs sont assez proches mais les méthodes se veulent bien plus respectueuses de la vie privée. Il s’agit de Covi-ID, une application open source de contact tracing (suivi des appareils afin d’identifier les personnes infectées et celles qu’elles auraient pu contaminer) et de géolocalisation qui devrait être officiellement lancée ce jeudi 16 avril.

L’université du Cap s’était déjà illustrée dans la lutte contre le Covid-19 lorsqu’elle avait lancé, il y a quelques jours, Coronapp, une application web qui répertorie et cartographie en temps réel la propagation du virus dans le pays.

D’autres initiatives sud-africaines sont à encourager, comme CoronaFighter, une application d’auto-diagnostic qui permet à chaque individu de se tester en ligne afin de savoir s’il a des risques d’avoir été infecté. (Photo : Gouvernement d’Afrique du Sud / Flickr)

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